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Elle s'entraîne, il s'entraîne ou les différences homme-femme à l'entraînement
02.02.2017 - Nouvelles

Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus, si on se fie à l'expression consacrée. Quand est-il côté entraînement? Sommes-nous de la même planète? À l'approche de la St-Valentin, moment où le couple est en vedette, on a posé la question à deux de nos entraîneurs (un homme, une femme, bien sûr) sur ce qui nous différenciait (ou non) dans le département.

Entrevue et rédaction: Christian Pilon, partenaire

John Gray, l'auteur américain de pop psychologie, a vendu pas moins de 50 000 000 d’exemplaires de son fameux livre - Men are from Mars, Women are from Venus. Ce faisant, il a été le meilleur vendeur des années '90, pour une oeuvre non-fiction. Pas pour rien que l'expression est consacrée! Si l'on se fie à lui, nous ne partageons pas la même conception de l’amour et nous n'avons pas le même code comportemental ou linguistique pour l’exprimer. Il est intéressant de prendre le tout en note à l'approche de la St-Valentin. En gros, si Monsieur oublie cette occasion pour célébrer l'amour, il ne faut pas en faire une montagne. En passant, je n’essaie pas de justifier mon oubli de l'année dernière à ma blonde; rien à voir!

En ayant en tête ces différences «potentielles» (car il faut dire que le livre a été l'objet de bien des critiques), on a voulu s'informer auprès de nos entraîneurs. Est-ce qu'il y a des différences psychologiques entre l'homme et la femme qui modifie votre encadrement, l’entraînement? Une fois sur cette lancée, nous ne pouvions éviter la question des différences physiologiques et physionomiques. Voici ce que nos entraîneurs avaient à dire sur le sujet.

Stéphanie Bélec est entraîneur-kinésiologue au Studio et également bachelière en psychologie. Nicolas Valois est entraîneur-chef et kinésiologue au Studio depuis sa création en 2007. Il encadre des personnes qui cherchent à améliorer leur condition physique depuis plus de 15 ans.

Christian (C pour la suite): Psychologiquement, voyez-vous des différences entre l'homme et la femme qui modifient votre approche lors de vos interventions? On peut penser que l'homme vise la performance, que de manière générale il aime bien se comparer, qu’il est compétitif. Du côté femme, on peut penser qu’elle serait moins sur la performance, plus patiente avec l'obtention de résultats, etc. Ce sont naturellement des généralisations, des stéréotypes.

Stéphanie (S pour la suite): L'approche n'est pas différente pour moi entre les sexes. Elle est influencée en premier par la personnalité de la personne. Je prends autant une approche «bootcamp», qui se traduit par une bonne intensité vocale au niveau des «cues», avec des hommes, qu'avec des femmes. À l'inverse, j'utilise une approche plus analytique avec des explications du type: «Le prochain exercice va nous permettre d'attaquer telle qualité athlétique, en travaillant le groupe musculaire X, etc.», et ce, autant chez l’homme que chez la femme. Je travaille au cas par cas, sans égards au sexe.

Là où je peux, noter une différence est dans le démarrage. Tu parlais de stéréotypes dans ta question, d'idées préconçues. Certaines de ces idées ont la couenne dure chez les femmes débutantes surtout. Lorsque je démarre avec elle, je dois la convaincre de mettre des charges pour atteindre le look «fitness», découpé, qu'elle cherche très souvent. La peur de «prendre du muscle» est toujours présente chez plusieurs. Avec le sujet de la charge viendra souvent la question de l'intensité. Un petit travail pédagogique devra également être fait de ce côté. Mais attention, on ne parle pas de mois pour amener la femme à des charges et une intensité équivalentes aux hommes. On prend une semaine pour s'expliquer et la semaine suivante on est dans l'action. On rattrape très rapidement les hommes et bien souvent, on les dépasse (rires!).

Nicolas (N pour la suite): Je confirme; l'approche s'adapte à la personne et selon moi efface toutes différences que l'on pourrait être tenté d'identifier entre les sexes. Je pense qu'il est intéressant de noter que les choses ont évolué. À mes débuts en 2001 - ça ne me rajeunit pas - je ne t’aurais probablement pas répondu de la même façon. Je parlais certainement moins d'intensité et de charges avec mes clientes. Je crois que la société a changé. Depuis 2010 au moins, on parle de «Strong is the new sexy». On a vu la progression du CrossFit ou la force de la femme est en avant plan. On peut naturellement questionner tout ça et se dire que la femme est à nouveau victime d'un dictat «corporel». Ceci dit, comme entraîneur, je me dois de me réjouir que la couverte soit tirée du côté «muscle». Nous négligeons l'apport qu’une masse musculaire optimale peut avoir. À tous âges, autant chez l'homme que chez la femme. Les organismes les plus conservateurs dans le domaine prescrivent depuis des années de la musculation. Malheureusement, le tout ne se traduit pas nécessairement sur le terrain sauf au Studio bien sûr! Alors OUI! Prenons tous du muscle! Après nul besoin de tomber dans les extrêmes. On ne parle pas de devenir «bodybuilder».

C: C'est bien beau tout ça, mais l'homme est certaine capable de fournir plus d'intensité que la femme. Non? La génétique, l'évolution joue sûrement. L’homme était le chasseur, celui qui ramenait le gibier à la maison. Il faut que ça transparaisse quelque part.

S: Ouf! Je comprends que tu fais ton travail d'intervieweur qui cherche la petite bête. J'ai souvenir de recherches qui évoquaient certaines différences au niveau du cerveau qui pourrait donner un léger avantage à l'homme du point de vue de l’intensité. Je pourrais probablement te retrouver ça, mais à mon humble avis, on aime trop creuser nos différences. On a beaucoup plus de choses en commun et on devrait regarder de ce côté. Lorsque tu nous as fait parvenir tes questions en préparation à l'entrevue, tu évoquais le livre: Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus. Je veux bien qu'il y ait quelques différences, mais de là à dire que l'on vient de planète différente, on pousse fort. Si on parle d'entraînement, encore plus! On trouve bien des articles, des recherches pour minimiser les différences. Je te fournirai un lien sur un article que j'ai lu récemment. (1) Sinon mon expérience de terrain pointe vers une intensité qui est au rendez-vous chez Ève comme chez Adam.

N: Si je peux ajouter dans ce sens, je pense que l'exemple le plus frappant est le CrossFit. Nous avons à peine plus de garçons que de filles en proportion dans une discipline où l'intensité et les charges sont là. Le mieux est peut-être d'en juger par soi-même. L'occasion se présente très bientôt avec le premier entraînement des Opens 2017 qui arrive. Les filles ne donnent pas leur place!

C: D’accord; l'approche n'est pas différente, soit la vôtre avec vos clients ou éventuellement celle de vos clients envers l'entraînement. Les objectifs doivent différer cependant. Sur ce terrain, comment chaque sexe exprime-t-il ses attentes?

N:L'homme exprimera sa volonté de maigrir et de prendre du muscle. La femme de son côté exprimera plutôt son désir de perdre du poids. En disant ça, il faut comprendre que l'on est sur de grandes généralités. C'est le jeu de cette entrevue, mais chaque cas est unique et on s'ajuste toujours à la personne devant nous.

C:Comme tu le mentionnes - c'est le jeu de l'entrevue - du coup, je me permets. Toutes choses étant égales, c'est à dire, même âge, même % de masse adipeuse, condition physique de base équivalente, etc., si l'objectif est exprimé comme tu le mentionnais, est-ce que votre réponse en termes de programme d'entraînement sera différent?

N:Toutes choses étant égales, sans problèmes de santé particuliers, hors de l'andropause, de la ménopause ou de la grossesse - difficile d'être égale dans ce domaine - il me faudrait répondre: «non». Le programme d'entraînement a de bonnes chances d'être similaire. Le corps d'une femme est fait de la même matière que le corps d'un homme. Un muscle est un muscle. Il n'y a pas de raison pour laquelle une femme ou un homme devrait travailler à des niveaux d’intensité différents ou encore avec des charges non équivalentes. Il n'y a pas de raison, non plus, pour qu’ils ne s'attaquent pas tous deux aux mouvements athlétiques que nous préconisons au Studio (soulevé de terre, développé couché, poussée de chariot, etc.) et à des modalités associées à l'hypertrophie (faibles répétitions et charges lourdes).

Les hormones vont modifier les résultats cependant. Il y a des différences marquées entre l'homme et la femme. La biochimie du corps humain est fascinante et complexe. On n'a pas fini d'en apprendre de ce côté. Sans rentrer dans le détail, on peut s'arrêter sur la testostérone brièvement. On sait tous qu'elle a un rôle prépondérant dans la prise de masse musculaire. Le faible taux de testostérone chez la femme - de 10 à 20 fois moins élevés que chez l’homme entre 20 et 45 ans- la «protège» d'une prise de masse musculaire trop importante. Donc le même entraînement - toutes choses étant égales, pour reprendre tes mots - ne donnera pas les mêmes résultats chez l'homme et chez la femme. Une évidence me direz-vous.À en juger par la réaction de certaines clientes lorsqu'on leur propose certaines modalités d'entraînement associé à un entraînement d'«homme», il y a dichotomie.

S: Il faut dire que cette réaction est de moins en moins présente cependant.

N: Effectivement, je le mentionnais, les choses ont changé et il est de plus en plus facile de convaincre. Je me permets de revenir sur cette notion d’un programme d'entraînement similaire pour la femme et l’homme. Je ne veux surtout pas que les gens aient l'impression que nous appliquons une solution pour tous. Nous avons une philosophie d'entraînement qui mise sur des techniques utilisées par les grands athlètes. On mise sur des méthodes éprouvées alliant techniques et intensité pour assurer la progression. Dans les outils à notre disposition, nous allons choisir en fonction des objectifs et de la condition physique dans un premier temps. Par la suite, on ajuste le tout en prenant en considération les préférences et la personnalité. Au final, on a toujours un programme taillé sur mesure pour la personne.

C: Bien reçu. En évoquant les hormones, nous nous sommes aventurés du côté physiologique. Est-ce qu'il y a d'autres choses de notables en termes de différences physiologiques ou encore physionomiques?

N: Les hormones ont des impacts importants dans bien des départements. On doit particulièrement les prendre en considération à l'arrivée de l'andropause et de la ménopause ou encore pour les femmes enceintes. Sinon, il y a certaines recherches qui mentionnent entre autres que la femme aurait une meilleure capacité à récupérer d'un effort anaérobique que l'homme en partie dû à un équilibre hormonal différent, comprendre une présence d'oestrogène accrue. (2) Par exemple, une femme qui effectuerait un exercice en force de six répétitions pourra prendre une pause moins importante qu'un homme (15-30 secs en moins) avant de se lancer dans une nouvelle série. Les hormones auront également un impact sur la physionomie. Le stockage des graisses se fait à des endroits différents chez l'homme et chez la femme en partie à cause des hormones.

Si on parle de physionomie, on peut s'attarder à la différence de largeur du bassin qui peut impacter l'angulation des fémurs entre autres. Sinon, les femmes non entraînées arrivent vers nous avec des positionnements différents des hommes non entraînés. Les différences les plus importantes sont un bassin rétroversé chez la femme versus antéversé chez l'homme. La femme aura ainsi une courbure lombaire plus prononcée, l'homme un dos plus rond. La femme aura souvent un grand fessier plus désactivé qu'un homme, qui lui aura souvent un grand fessier suractivé. Par ailleurs, l’homme risque fort d'avoir des ischios-jambiers moins activés que la femme.

Si on poursuit, la femme aura tendance à avoir des genoux vers l'intérieur, alors que l'homme aura plutôt les genoux vers l'extérieur, comme un cowboy. Avec ce positionnement des genoux, la femme risque d'avoir les pieds plus ouverts et versés vers l'intérieur, en appui plus prononcé sur l'arche intérieure du pied. Ainsi, la largeur du bassin et son impact sur le positionnement des membres inférieurs. La position du bassin - antéversé versus rétroversé - et son impact sur le dos - courbe lombaire plus ou moins prononcée - seront autant d'éléments à prendre en considération lors d'un squat, par exemple. Il s'agit bien sûr de généralisations, on peut trouver une femme avec une physionomie de bas de corps se rapprochant de l'homme et vice-versa.

C: Je présume que ces différences affecteront la préparation et les «cues», lors d'un squat.

S: Bien sûr! Au même titre qu'un muscle est un muscle, comme le mentionnait Nicolas, un exercice est un exercice. La biomécanique du mouvement doit être respectée. L'homme et la femme doivent accomplir le mouvement de la bonne façon, de façon sécuritaire. Maintenant, comme on ne part pas exactement de la même physionomie, du même «endroit», on se doit, si on continue de parler d'une personne non entraînée, d'attaquer les problématiques dans le bon ordre. Pour un squat, les fessiers «désactivés» chez la femme devront être l'objet d'une attention particulière dès le départ. Chez l'homme, on pourra diriger son attention vers le renforcement des ishios-jambiers et vers le relâchement des fessiers. Il faut mettre les morceaux du puzzle dans le bon ordre.

N: Comme tu le soulignes en posant ta question, les «cues» seront différents pour le squat. Si la fille et le garçon peinent à descendre sous l'horizontale - on parle de l'angle de la cuisse par rapport au sol - en conservant leur courbe lombaire, les indications risquent fort d'être distinctes à cause des différences évoquées plus tôt. Pour un garçon qui aurait des raideurs au niveau des fessiers et des ischio-jambiers, qui lui rendrait difficile la rotation du bassin dans la position optimale, nous allons souligner l'importance de garder les genoux larges. Nous lui demanderons d'essayer de pincer un objet entre sa hanche et sa cuisse pour qu'il soit en mesure de sortir le fessier. Pour une fille, on concentrera les efforts sur les genoux qui voudront s'affaisser l'un vers l'autre en lui demandant de prendre appui correctement sur ses pieds. Elle devra propulser les genoux vers l'extérieur, comme si elle combattait un élastique qui encercle ses genoux. Ce faisant, on encouragera l'engagement des fessiers à nouveau.

C:Je termine avec une question piège. Si vous aviez à faire de l'entraînement personnel avec un entraîneur, seriez-vous porté à choisir un homme ou une femme?

S: Tu cherches à attiser la Guerre des sexes à tout prix! (rires!) Je choisirais certainement l'entraîneur qui a les meilleures connaissances dans le domaine où je cherche une amélioration sans prendre en considération le sexe.

N: Je ferais également le même choix.

C:Trop facile comme réponse. Il doit bien y avoir une petite voix en vous qui penche d'un côté. Non?

S:Toutes choses étant égalent - pour reprendre ta formule - devant des entraîneurs ayant les mêmes connaissances, dans mon petit for intérieur, je pourrais choisir une fille.

N:Tu n’arriveras pas à m'amener sur ce terrain. J'exerce mon droit de demeurer silencieux. Je ne parlerai qu'en présence de mon avocat.

C:Merci à vous deux. Le sujet est vaste! J'ai l'impression que nous n’avons qu’effleuré le sujet. Nous y reviendrons certainement. À bientôt.

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