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La nuit des sans-abri / Entrevue avec Marco
09.10.2017 - Nouvelles

La 28e nuit des sans-abri aura lieu le 20 octobre dans plus d'une quarantaine de villes au Québec. Cet évènement a pour but de sensibiliser les gens à la pauvreté, la désaffiliation sociale et l’itinérance.

Tatiana Frenette-Erazo, membre au Studio depuis juin 2016, nous propose une entrevue avec Marco, un ex-sans-abri, pour qui l'entraînement a joué un rôle important dans réinsertion sociale. Dans la foulée, elle invite tous les membres du Studio à l'événement qui aura lieu au square Cabot à partir de 16h, et ce jusqu’à 1h30 du matin. Cliquez >ici< pour les autres villes qui participent.

TATIANA (T pour la suite): Bonjour, Marco, dans le cadre de la Nuit des sans-abri, on voulait te parler un peu de ton parcours de vie. Parle-nous un peu de toi.

MARCO (M pour la suite): Je suis québécois. Je suis une personne normale. Je suis allé au cégep et à l’université. J’ai un intérêt pour les langues, la philosophie et le sport. J’ai eu une bonne éducation et j’ai exercé différents métiers, mais un jour c’est arrivé. Je me suis retrouvé dans la rue. Je ne crois pas qu’il faut penser que c’est seulement les pauvres qui se retrouvent à la rue, ça peut arriver à n’importe qui.

T: Combien de temps ça a duré?

M: Je voulais trouver du travail, retourner à l’école, mais tout ça a fini par durer 10 ans. Le temps a passé plus vite que ce qu’il me semblait, j’ai eu l’impression que ces 10 ans étaient en fait une seule année.

T: Comment te débrouillais-tu quand tu étais dans la rue?

M: De temps en temps, j’avais un petit travail, mais ce n’était pas un travail qui durait. J’allais dans les différents refuges de Montréal et je me nourrissais là. C’est ce qui m’a gardé en vie.

T: Pourquoi selon toi tout ça a duré 10 ans?

M: C’est une bonne question. Je crois que nous avons un bon système de santé. J’avais certaines opportunités pour m’en sortir, mais ça n’aboutissait pas.

T: Comment es-tu sorti de la rue?

M: J’ai rencontré un psychiatre au refuge Old Brewery Mission et des intervenants qui m’ont beaucoup aidé. C’est grâce à ces gens-là que j’ai eu mon chèque d’aide sociale et que j’ai pu trouver un endroit pour rester et pour aller mieux. J’ai aussi eu de l’aide du CLSC. Ils sont une grande équipe et m’ont donné accès à plusieurs services qui m’ont aidé énormément sur ma situation de logement, mais aussi avec certains problèmes personnels que j’avais. Le résultat du suivi a été un grand changement positif pour moi et j’ai maintenant un toit depuis 3 ans.

T: As-tu fait face à des préjugés quand tu étais dans la rue ou quand tu racontes ton histoire?

M: Moi je pense que les préjugés et ces choses là arrivent un peu partout dans la monde. À Montréal, j’ai moins vécu ce genre de situation. Je crois que ce sont parfois des choses que les gens supposent par manque d’information ou de connaissance.

T: Faisais-tu du sport quand tu étais plus petit, si oui, lesquels?

M: J’ai fait un peu tous les sports quand j’étais jeune. J’ai fait du volleyball pendant 2-3 ans, du soccer avec les amis, du rugby à l’école, du basket, de la ringuette, du ski et j’en passe.

T: Il paraîtrait que tu t’entraînes depuis un an, qu’est ce qui t’a donné envie de te lancer dans l’entraînement?

M: J’avais des difficultés avec ma motivation en général et j’avais entendu dire que l’entraînement pouvait aider à cet effet. J’ai donc choisi un endroit et j’ai commencé.

T: Où t’entraînes-tu et que fais-tu comme style d’entraînement?

M: J’allais au CEPSUM durant plusieurs mois et j’ai changé pour un gymnase plus près de chez moi. Je fais 30 minutes de cardio et puis, je fais ma musculation durant 1 heure.

T: Pourquoi aimes-tu l’entraînement et quels bienfaits ressens-tu?

M: Je pense que l’entraînement a aidé énormément ma motivation à réaliser des tâches qui étaient plus difficiles pour moi. Je sens aussi que j’ai plus d’énergie.

T: Quels défis sportifs aimerais-tu accomplir dans les prochaines années?

M: Quand on fait de la musculation, on aimerait toujours lever plus et être plus fort, ce serait quelque chose qui me motiverait. Ce serait aussi une grande réussite pour moi si j’y allais plus souvent. J’avais aussi un rêve de jouer plus compétitif au volleyball quand j’étais plus jeune, mais je n’ai pas focussé sur ceci dans les dernières années.

T: Maintenant, quelques questions en rafale. Quel est ton sport préféré?

M: Le 800 mètres

T: Pourquoi?

M: Ça rend la performance athlétique très accessible à tout le monde. Tout le monde peut comprendre facilement le but du sport. Il faut aussi être très en forme.

T: Ton athlète préféré?

M: Juan Torrena, un grand athlète cubain de 800 mètres

T: Ton mouvement préféré?

M: Le «lat pull-down»

T: Merci Marco, pour ton temps et ce beau partage sur ta vie et ta passion de l’entraînement.

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