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Portrait membre: Janius Tsang
05.07.2016 - Nouvelles

Il ne faut pas déranger Janius lorsqu'elle fait du CrossFit; elle vit le moment présent.

Il ne faut pas s'inquiéter cependant, son sourire n'est jamais bien loin. Médecin anesthésiste, mère d'un petit de tout près de trois ans, à 37 ans, elle prêche par l'exemple en conservant un rythme soutenu à l’entraînement depuis son arrivée au Studio à l'automne 2012. Curieuse de nature, la philosophie du CrossFit l'interpelle, quelques mois après son accouchement, en 2014, elle se lance. On parle du système de santé, de la sécurité côté CrossFit et de la conciliation travail-famille dans une entrevue énergisante.

Christian (C pour la suite): Janius, tes parents viennent de Hong Kong, ils ont choisi le Canada, Edmonton pour être précis, en immigrant dans les années '70. Peux-tu me parler de leur influence dans ta vie? De l'influence que ce déplacement vers de nouvelles contrées a pu avoir?

Janius (J pour la suite): Mes parents ont certes eu de l’influence. Ma mère était infirmière, je l'ai vue oeuvrer, aider les gens. Elle m'a initié à la biologie. J'ai bien accroché avec cette matière et c'est probablement là qu'est née ma vocation de médecin. Sinon comme fille d'immigrants, de parents qui ont vécu la Deuxième Guerre mondiale, la pauvreté, on s'est assuré de bien faire comprendre, à la petite fille que j'étais, toute la chance que j'avais eue de naître au Canada. Je crois que cela m'a porté et me porte encore aujourd'hui. J’ai une responsabilité; je dois profiter de cette chance. Je m'y applique au travail, dans ma vie de maman, à l'entraînement. Ça façonne une personnalité. Je crois.

C: Je peux en témoigner. J'ai eu la chance, en périphérie de cette entrevue, de te voir évoluer lors d'une séance de CrossFit. Lors du WOD (Workout Of the Day), je t'ai vu prendre les devants en enchaînant la première sur le deuxième exercice. L'intensité est là! Tu sembles prendre ta responsabilité au sérieux. Sinon je notais une certaine aisance athlétique. Je présume que le sport fait partie de tes gênes. Comment as-tu commencé?

J: Le sport ne fait pas du tout partie de mes gènes! Jeune, j’étais rondelette, beaucoup plus attirée par les livres que les sports. J'ai fait quelques tentatives à l'adolescence. Vers 15-16 ans, water-polo, soccer entre autres. Les filles qui jouent encore à cet âge-là sont plutôt sérieuses. Souvent avec 10 ans de sport derrière elle. Alors, débuter à cet âge, pas nécessairement facile. J'ai plutôt accroché à l'université lors de ma deuxième année, vers 19 ans. La bonne bouffe de Montréal et la moins bonne bouffe rapide que l'on mange - pressée comme un citron par les études - ont ajouté quelques kilos à ma silhouette lors de ma première année à McGill. Ceci dit, j'ai vraiment accroché pour décrocher de mes études, donner une pause à mon cerveau. Tellement de choses à assimiler. On veut performer. La compétition est vive. Ça prend un exutoire sinon on ne s'en sort pas. En somme, mon adhésion à l'entraînement s'est construite beaucoup plus pour aider dans la gestion du stress que pour perdre du poids, même si j'en avais besoin à l'époque. Encore aujourd'hui, je m'entraîne principalement pour cette raison.

C: Tu oeuvres comme anesthésiste depuis 2009, après avoir complété 4 ans d'études générales et 5 ans de spécialisation. Comme le système de santé est toujours sur la sellette, j'ai le goût de te demander ce que tu ferais si tu étais ministre de santé?

J: Aille! Grosse question! Je croyais que l'on parlerait entraînement! (rires!) Écoute, j'aimerais te parler de valorisation à différents niveaux. Valoriser le travail bien fait au niveau des infirmières, infirmiers, médecins, mais également des administrateurs. Un exemple qui illustre bien ce propos est la gestion avec enveloppe budgétaire des hôpitaux. Si une équipe - des gestionnaires, des médecins, peu importe - trouve des méthodes pour économiser un 200K. Est-ce que cette équipe pourra profiter l'année suivante de cette économie pour continuer à avancer, à innover, à investir? Trop souvent, on ampute le budget l'année suivante du montant économisé. Ça coupe l'élan de bien du monde dans le système. Si on ne récompense pas ce type d'effort, ça influence bien des décisions, on ne valorise pas le travail novateur, réfléchi. Dans une autre sphère du système, je crois que le patient doit être conscient de sa chance, de la valeur des services qui lui sont donnés. On paye tous nos impôts, on a tous droit d'être soignés. Je ne remets absolument pas ça en cause. Dans certains systèmes, en France entre autres, on voit la facture passer. Si je vous demande combien coûte une prothèse de la hanche, avez-vous une idée? Si on voit passer une facture de 35K, on donne une valeur à l'acte médical et on mesure sa chance. Récompenser, valoriser!

C: Ça me semble logique. Je trouve délicat de te poser la prochaine question, mais bon j'aimerais t'entendre sur un volet limitrophe. On parle de la chance depuis le début de l'entrevue: la chance de vivre ici, à notre époque, la chance d'avoir accès à des soins de santé, etc. Est-ce que, parfois, tu te trouves devant des cas, des situations qui auraient pu être évitées avec un peu de prévention? Meilleure hygiène de vie, etc.

J: Délicat en effet. Il peut être facile de jeter la pierre, mais il faut comprendre que bien des problématiques de santé sont très complexes. Par exemple, on ne peut pas simplifier l'obésité morbide qui mène à l'installation d'une prothèse de genou à une question d'ingestion de calories en trop combinée à un manque de volonté. Il faut avoir marché dans les souliers du patient. Le noeud du problème est souvent psychologique et la personne devant nous souffre. Il ne faut jamais oublier ça. Je dois avouer qu'il y a un moment où ça vient me chercher un peu plus qu'à l'accoutumée. Parfois, en étudiant un dossier, on s'aperçoit qu'une personne, qui doit maintenant obtenir sa deuxième prothèse de genou, a pris du poids suite à l'installation de la première. Dans le contexte où le poids, l'obésité, est à la source du premier remplacement, ça peut venir me chercher. Le patient a certes une responsabilité, mais j'ai tendance à penser que le système est à blâmer au moins tout autant que la personne. On doit mettre en place un suivi organisé, performant, multidisciplinaire- dont l’entraînement - pour qu'entre la première intervention et la deuxième, il y ait une perte de poids. Que l'élan soit là pour que la personne puisse améliorer sa qualité de vie. On doit faire plus!

C: Tu évoques l’entraînement comme l’un des maillons, revenons-y. Comme tu fais du CrossFit, impossible d’éviter une question sur l'aspect sécuritaire de cette discipline. Comme réagis-tu face au discours sur la dangerosité du CrossFit?

J: Le danger, selon moi, se situe au niveau de l'effet d'émulation d’un groupe. Il faut faire attention de respecter ses limites et ne pas se laisser dicter sa conduite par son ego ou par un esprit de compétition effrénée. Cette notion existe dans tous sports, elle est peut-être plus apparente côté CrossFit, car l'aspect communautaire est fort. Pour contrecarrer, il faut se raisonner dans un premier temps et trouver une «box», que je qualifierais d'intelligente. Ça se traduit par une ambiance respectueuse de tous. Une ambiance construite par les membres et naturellement les entraîneurs. On ne met pas la pression pour mettre la pression. On comprend que tout le monde a un certain niveau. La formule que vous avez mise en place avec la version «fitness» et «performance» des WODs démontre cette sensibilité qui, pour moi, est essentielle. Le deuxième élément est l'encadrement. À nouveau comme dans tous les sports, si l'encadrement est boiteux, les risques de blessures sont plus importants. Il faut du monde compétent qui n’est pas seulement là pour crier «Go! Go! Go!» Il faut des experts qui observent, corrigent, offrent des options moins difficiles. Chapeau de ce côté, vos entraîneurs font un excellent travail. Je terminerais en mentionnant qu'il est bon de se concentrer sur sa progression personnelle. On peut faire beaucoup de chemin en peu de temps.

C: Parlons-en du chemin parcouru avec le CrossFit. Qu'est-ce que cette discipline t'a apporté physiquement et mentalement après deux ans?

J: Premièrement: la posture. On travaille beaucoup le dos. Je suis beaucoup moins voûtée. En me redressant, avec une meilleure posture, je me suis débarrassée de tensions dans le cou qui étaient responsables de maux de tête. Je suis également restée surprise de l'effet sur la force et la stabilité du «core» acquises. Même si je venais d'accoucher quelques mois avant, je ne m'étais pas lancé dans l'aventure avec ça en tête; effet secondaire intéressant (rires!). Côté mental, je cherche vraiment à décompresser, la dose d'endorphine qui me donne une énergie positive.

C: On passe en mode rafale. Ton exercice favori ou encore celui que tout le monde devrait faire?

J: Comme médecin, je dois dire le «burpee» pour les résultats. Après ma relation personnelle avec cet exercice, tombe dans un spectre qui comprend l'amour et la haine comme pour plusieurs.

C: Resto préféré?

J: Club Chasse & Pêche

C: L'entraîneur ou la personne qui t'impressionne le plus au Studio?

J: Tous les entraîneurs m'impressionnent, sans farce. Si je dois choisir, Cathy me vient à l'esprit, probablement à cause de la discussion qu'on vient d'avoir. Elle a su se prendre en main après son opération au genou de façon magistrale. Un bel exemple à suivre! Chanceuse d'oeuvrer dans le domaine, elle a assuré elle-même son suivi. Sinon elle est bonne pour motiver. Elle dose bien; parfois dure, mais toujours encourageante. Sinon, on aime les mêmes souliers, une petite «inside», elle comprendra (rire!).

C: Nutrition?

J: Je «flirte» avec le «paléo». Ça me prend mes protéines et mes légumes.

C: Un défi dans les mois qui viennent?

J: Non, rien de précis. Je suis plus dans le maintien de ma forme et le défi se situe dans la conciliation travail-famille.

C: Pas toujours facile à gérer, je présume. Tu mentionnais avoir travaillé le week-end dernier 35 h en étant sur appel.

J: Oui, rien d'évident dans ce département, mais si je peux me permettre, il faut trouver du temps pour soi malgré tout. Comme maman on devrait tout sacrifier pour s'occuper tout le temps de son enfant. Je ne crois pas que l'on se rend service, qu'on donne le bon exemple. Mon petit bonhomme approche les trois ans et il commence à faire des poses de Yoga: «downward dog» et «upward dog». Bon, sa technique n'est pas parfaite (rire!) et pas certaine qu'il réalise ce qu'il fait, mais il le fait fort probablement parce qu'il m'a vu le faire. Je veux ça dans sa vie et dans la mienne. J'encourage vraiment tout le monde à trouver le temps de bouger. J'ai d'ailleurs convaincu mon mari récemment de faire du CrossFit. On partage de vrais bons moments en couple.

Membre: Janius Tsang

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