1. Le jeûne intermittent accélère la perte de graisse.
MYTHE : Pas nécessairement.
Le jeûne intermittent limite la période durant laquelle on mange. Par exemple, une personne peut prendre ses repas entre midi et 20 h, puis jeûner pendant 16 heures.
Durant le jeûne, l'organisme utilise proportionnellement davantage de graisses comme carburant. Mais brûler davantage de graisses pendant quelques heures ne signifie pas nécessairement perdre davantage de masse grasse à long terme.
Une revue Cochrane publiée en 2026, regroupant 22 essais cliniques, conclut que le jeûne intermittent entraîne généralement peu ou pas de différence de perte de poids comparativement aux conseils alimentaires traditionnels.
À retenir : l'apport énergétique global et la constance demeurent déterminants. Le jeûne est une option, pas une solution miracle. [1]
Mythes ou réalité en nutrition
Six croyances alimentaires à l'épreuve de la science
En nutrition, certaines affirmations sont répétées si souvent qu'elles deviennent des vérités. Pourtant, les mécanismes physiologiques sont rarement aussi simples que les conseils diffusés sur les réseaux sociaux. Voici six croyances confrontées aux connaissances scientifiques :
2. Manger toutes les trois heures stimule le métabolisme.
MYTHE.
Chaque repas entraîne une dépense énergétique liée à la digestion et à l'absorption des nutriments : c'est l'effet thermique des aliments.
Imaginez deux personnes consommant exactement les mêmes aliments et quantités. L'une mange trois repas, l'autre répartit sa nourriture en six petites prises. Leur dépense énergétique liée à la digestion sera globalement comparable.
Multiplier les repas ne fait donc pas automatiquement travailler davantage le métabolisme.
À retenir : choisissez une fréquence alimentaire adaptée à votre faim, à votre horaire et à votre activité physique. [2]
3. Le métabolisme ralentit inévitablement dès 40 ans.
MYTHE : Pas comme on l'imagine.
Une étude publiée dans Science en 2021, portant sur plus de 6 400 personnes, a montré que la dépense énergétique ajustée selon la composition corporelle demeure relativement stable entre 20 et 60 ans.
Pourquoi prend-on alors parfois du poids à la quarantaine ?
Une diminution de l'activité physique, une perte de masse musculaire, des changements hormonaux ou des modifications alimentaires peuvent influencer l'équilibre énergétique.
Il faut distinguer la dépense énergétique totale, qui évolue avec notre mode de vie, du métabolisme ajusté à la masse maigre.
À retenir : préserver sa masse musculaire et demeurer actif sont deux stratégies essentielles pour maintenir ses capacités physiques et métaboliques. [3]
4. Le cholestérol alimentaire augmente automatiquement le cholestérol sanguin.
MYTHE : La relation est plus complexe.
Pendant longtemps, les œufs ont été critiqués pour leur teneur en cholestérol. Pourtant, notre foie produit lui-même cette substance, indispensable aux membranes cellulaires et à certaines hormones.
Le cholestérol alimentaire peut augmenter le cholestérol LDL sanguin, mais la réponse varie selon les individus.
Les gras saturés ont généralement une influence plus importante sur le LDL, particulièrement lorsqu'ils remplacent des gras insaturés.
Un œuf accompagné de légumes et de pain de grains entiers ne présente donc pas le même profil nutritionnel qu'un déjeuner riche en bacon, beurre et charcuteries.
À retenir : considérez l'ensemble de votre alimentation plutôt qu'un seul nutriment. [4]
5. Une alimentation faible en gras est nécessairement meilleure.
MYTHE.
Les matières grasses sont essentielles à plusieurs fonctions biologiques, notamment la structure des cellules et l'absorption des vitamines A, D, E et K.
La distinction importante concerne leur nature.
Remplacer une partie des gras saturés par des gras insaturés, présents notamment dans l'huile d'olive, les noix et les poissons, peut améliorer le profil lipidique et contribuer à la santé cardiovasculaire.
À l'inverse, un aliment faible en gras peut contenir beaucoup de sucres ajoutés ou être pauvre en fibres.
À retenir : privilégiez la qualité des matières grasses plutôt que de rechercher systématiquement des produits sans gras. [5]
6. Une cure détox élimine les toxines accumulées.
MYTHE.
Jus verts, tisanes détox, cures express : les promesses sont séduisantes. Mais que cherche-t-on exactement à éliminer ?
Notre organisme possède déjà des systèmes spécialisés pour transformer et éliminer différentes substances. Le foie métabolise de nombreux composés, tandis que les reins filtrent le sang et participent à l'élimination des déchets par l'urine.
Chez les personnes en santé, aucune preuve scientifique convaincante ne démontre que les cures détox améliorent ces processus. Certaines peuvent même provoquer des carences, de la déshydratation ou des déséquilibres électrolytiques.
À retenir : une alimentation adéquate, une hydratation suffisante et de bonnes habitudes de vie soutiennent les fonctions normales de l'organisme. [6]
Comprendre plutôt que suivre
La nutrition ne se résume pas à des règles universelles. Notre composition corporelle, notre âge, notre niveau d'activité et nos habitudes de vie influencent nos besoins.
Avant d'adopter une nouvelle tendance alimentaire, une question mérite d'être posée : repose-t-elle sur des données scientifiques solides ou sur une promesse séduisante ?
En nutrition comme en entraînement, comprendre les mécanismes permet de faire des choix éclairés. La constance permet d'en récolter les bénéfices.
Références
[1] Cochrane (2026). Intermittent fasting, traditional dietary advice or no treatment: which works better to help adults living with overweight or obesity lose weight? https://www.cochrane.org/evidence/CD015610
[2] The effects of eating frequency on changes in body composition and cardiometabolic health in adults: a systematic review with meta-analysis of randomized trials. International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity (2023). https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10647044/
[3] Pontzer, H., et al. (2021). Daily energy expenditure through the human life course. Science, 373, 808–812. https://doi.org/10.1126/science.abe5017
[4] Carson, J. A. S., et al. (2020). Dietary Cholesterol and Cardiovascular Risk. Circulation, 141, e39–e53. https://doi.org/10.1161/CIR.0000000000000743
[5] Organisation mondiale de la Santé (2023). Saturated fatty acid and trans-fatty acid intake for adults and children. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK594779/
[6] National Center for Complementary and Integrative Health. “Detoxes” and “Cleanses”: What You Need To Know. https://www.nccih.nih.gov/health/detoxes-and-cleanses-what-you-need-to-know